Se lancer dans la photo… ou pas
19/08/2009 11:51 Posté dans la catégorie life is lifeA la base, je pensais que mon prochain article serait pour vous parler de ma première vente de photos officielle. Je pensais sincèrement que j’étais dans un plan cool et qu’on allait pouvoir faire des choses bien. Sauf que depuis hier, 19h30 environ, j’ai juste les boules.
Pour résumer, j’ai rencontré à un concert de Trinity, un ptit gars qui passait avant eux. A ce ptit gars, j’ai fait quelques photos pour me caler sur les lumières du bar dans lequel se faisait le concert. Je me suis dit que ça lui ferait plaisir d’avoir ces photos donc j’ai récupéré son mail.
Quelques temps après, je lui ai envoyé 2 photos en lui disant qu’il pouvait les utiliser sur son site/myspace s’il le souhaitait sous réserve qu’il mette mon nom et un lien vers ici. Elles lui ont plu, il m’a alors expliqué qu’il sortait un album à la rentrée et m’a demandé si je serais intéressé pour faire les photos de la pochette. J’ai dit oui.
Après quelques échanges de mails, j’ai demandé si une rémunération était bien prévue. Il m’a dit oui. On a alors planifié une séance pour voir si on arrivait à sortir quelque chose de bien. Ca lui a plu, il a passé ça à sa maison de disque et apparemment ça leur a plu aussi. Ensemble, on a finalisé une sélection plus restreinte, je lui ai dit que je n’irai pas plus loin dans le traitement/retouche avant d’avoir un contrat/devis signé. Il me répond que pas de problème, qu’il va me mettre en contact avec la maison de disque.
Pour faire les choses bien, j’ai commencé à me renseigner sur le statut de photographe auteur, j’ai fait les demandes de papiers pour me déclarer, j’ai bataillé pour savoir ce qu’il fallait facturer, comment, à quel prix. Au final, après avoir trouvé des grilles de tarifs indicatifs et avoir discuté avec des connaissances dans le domaine publicitaire (sans compter tous les gens que j’ai emmerdé où j’ai pu pour avoir des infos, merci à eux), j’ai bossé sur une ébauche de devis. Hier, je lui ai dit que ça serait prêt sous peu, dans la soirée ou le lendemain. Dans la foulée, il m’a appelé pour me demander quand exactement, je lui ai annoncé une première fourchette de prix, il m’a dit qu’il allait de nouveau essayer de joindre son chef à la maison de disque pour le mettre en relation avec moi.
En début de soirée, un coup de fil d’un numéro inconnu, c’est le gars de la maison de disque. D’emblée, je comprends qu’on me prends pour un voleur ou un escroc tentant d’exploiter le jeune artiste. Apparemment, mes tarifs sont exorbitants par rapport au nombre de photos fournies et ils payent ça beaucoup moins cher d’habitude. De plus, 2 jours de shooting sont prévus à Paris dans le contrat de l’artiste. Je vous passe les détails de la discussion, c’était globalement désagréable même si au final il a laissé la porte ouverte si je voulais revenir vers lui (et revoir mes prix très fortement à la baisse, voire baisser mon froc j’imagine). J’espère qu’il a bien compris que j’étais de bonne foi.
Soyons clair, je n’ai pas la prétention d’être un grand professionnel, loin s’en faut, mais tout travail mérite salaire et facturer quelque chose en dessous de son prix, c’est se tirer une balle dans le pied pour la suite de ses activités. Je pense aussi que ça ne rend pas service à la profession et que ça peut porter préjudice aux gens qui vivent uniquement de ça et qui, du coup, se retrouvent en concurrence niveau tarif avec des gens qui cassent les prix.
Bref, ça me laisse vraiment une impression d’injustice, comme si j’étais un grand méchant qui cherche à gratter tout ce que je peux d’un jeune artiste alors que j’ai juste essayé de faire les choses bien, le plus légalement possible et avec des tarifs qui me semblaient cohérents.
Je sais que j’ai mes tords, je n’aurais pas dû commencer à faire des photos avant d’avoir discuté directement avec la maison de disque sur les tarifs et l’organisation de tout ça. Mais dans mon idée, n’étant pas encore déclaré, c’était plus simple de voir si ça collait et si ça leur plaisait avant de lancer tout le marasme administratif. On bon problème de communication en somme, sans compter que l’artiste est encore un peu jeune et qu’il a l’air d’avoir du mal à suivre le côté organisationnel.
Ca m’aura au moins permis de me renseigner sur toutes les démarches à mener, de ce point de vue là tout n’est pas perdu, mais même pas 24h après, j’avoue que j’ai un peu de mal à voir le bon côté des choses et j’ai plutôt envie de mettre des coups de poing dans les murs… surtout que du coup je ne pourrai jamais diffuser ces photos, même pour le plaisir.
Ca ira mieux demain.
6 commentaires pour “Se lancer dans la photo… ou pas”
Par Marie le 19/08/2009 12:19
Quelle merde ! Désolée pour toi !
Fais gaffe aux photos que tu as déjà fournies, qu’elles ne se retrouvent pas utilisées pour la promo de l’artiste !
Et puis pourquoi tu ne pourrais pas les diffuser ces photos ?
Par bintz le 19/08/2009 12:40
Non non, ils les utiliseront pas. Et moi je peux pas les diffuser parce que j’ai aucune autorisation signée de l’artiste pour disposer de ces photos comme je l’entends.
Par Greg le 19/08/2009 16:47
Ha ben oui, bienvenue dans ce monde merdique :/
Ca te rassurera pas mais c’est pareil dans bien des choses (non, je ne citerais pas le web-design)
Par jerome le 19/08/2009 16:49
Hééééé, ben mon petit JC, je te présente madame Procédure Imbitable et son acolyte monsieur Producteur Voleur de la Maison de Disque.
Faut dire que les ventes de CD baissent et qu’avec tous ces pirates, on ne peut plus payer les photos de nos jours.
Cela dit, je me rappelle que les grilles tarifaires encore en vigueur ne sont plus du tout réalistes de nos jours (je tiens ça des photographes d’un certain boulot, tu sais).
Apparemment, les photographes pro subissent une concurrence sévère de la part des amateurs (le numérique c’est comme les pirates, hein ?) et du coup, les prix baissent fortement … Difficile aujourd’hui de simplement vendre une image.
Par Vaness le 20/08/2009 15:48
Ma soeur qui, comme tu le sais, est jeune photographe qui essaye de se faire une place dans ce milieu a fait quelques shooting à droite à gauche. Elle ne facture pas trop cher pour pouvoir justement percer et se faire un nom.
Je pense qu’on est obligé d’en passer par là dès que ça touche de près ou de loin le milieu artistique. Contrairement à un métier conventionnel, les compétences ne sont pas quantifiables…
L’avantage c’est que tu n’en vies pas, tu as d’autres sources de revenus
Par bintz le 20/08/2009 19:19
Merci les copains.
Tiens d’ailleurs Vaness faudrait que je la croise ta soeur un jour pour papoter de tout ça, ça serait bien intéressant.